La densité de passage augmente, à mesure que l’on approche du centre-ville. De plus en plus, on sent que les personnes rencontrées sont des utilisateurs fréquents du chemin, les trajets sont plus courts et peu de cyclistes semblent s’être aventurés sur de longs itinéraires. On distingue tout de même de volumineux sacs de randonnées, probablement proches d’être arrivés à destination. Ici, le Railway Path est une infrastructure de mobilité quotidienne, les accès aux rues adjacentes se sont d’ailleurs multipliés, mais le chemin fait toujours partie du réseau cyclable national (national cycle network). Ainsi, grands voyageurs côtoient simples passants, la multitude et la variété de ces parcours habillent le lieu d’un visage cosmopolite et urbain. Les paysages rencontrés sont pourtant fort inhospitaliers, arrière-cours d’usine, aires de manutention, et stockages de matériaux dont la couleur ocre nous transporte loin sur une célèbre planète voisine de la Terre. Alors qu’elle atteint le contact de la ville, la piste cyclable semble subitement ignorée par celle-ci, subitement anonymisée alors que juste précédemment son patrimoine était scénographié. Elle semble avoir été reléguée au rang d’espace servant. L’imaginaire de l’espace est à nouveau présent lorsque l’on rencontre un court tunnel dont la forme ovoïde évoque un vaisseau, dont bon nombre d’humains se sont approprié le parement de carrelage brillant pour exprimer leur créativité.
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